Top articles
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Patty Waters - You Thrill Me (2004)
On envie sincèrement ceux qui n’ont encore jamais entendu Patty Waters chanter. La surprise qui les attend n’est pas banale : elle appartient à un registre d’émotion supérieur, quelque part entre l’ivresse et la suffocation, et s’accompagne d’une de ces...
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Cat Power - Moon Pix (1998)
New York, un beau jour de 1998. Chan Marshall, alias Cat Power, cherche son chemin. Comme toujours, ou presque. Elle arrête donc le premier quidam qui passe. Le type, sans même écouter sa question, se lance dans une pantomime enfiévrée, d'où il ressort...
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Gillian Welch - Time (The Revelator) (2001)
La ritournelle s’appelle Dear Someone. C’est une valse lente que l’oreille cueille comme une herbe tendre, une fleur fragile et altière comme il en surgit parfois des sillons encrassés d’un vieux 78t. C’est aussi un moment amoureux qui se nourrit de presque...
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Toti Soler - Guitarra i Cançons (2004)
Selon Pascal Comelade, le guitariste Toti Soler est un "Catalan universel". L’expression est on ne peut plus juste, même si elle relève presque du pléonasme. Car s’il faut évoquer un quelconque particularisme catalan et le réduire à sa quintessence, c’est...
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Leonard Cohen (2001)
Ce soir d'octobre 2001, à l'Institut Lumière de Lyon, on projette un film de Harry Rasky, The Song of Leonard Cohen. De rares encarts publicitaires ont annoncé la nouvelle sans la claironner. Comme si on avait daigné nous laisser la liberté de ne pas...
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Nits - Wool (2000)
De l'histoire de la pop, Henk Hofstede, le leader des Nits, a écrit certains des chapitres les plus intelligemment mélancoliques. Et c'est toujours une joie de constater que les flottements de l'âme et du coeur ne sont pas l'apanage exclusif de quelques...
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Fred Buscaglione - "Sei Chic", par Christophe Libouban
Comme un fait exprès et s'élevant par la fenêtre de chez je-ne-sais-quel-mélomane certainement averti (de mon passage ?), résonnent, dans un morne printemps parisien soudain éclairci par ce flash spatio-temporel, quelques accords faussement enjoués. Revu...
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Eboulis
Pour Eloïse et Florian Un simple effleurement Et nous nous effondrons L'un l'autre Nos deux éboulis Se croisent Echangent Leurs vieilles pierres En cascades immobiles Leurs ombres moussues Leur mémoire Sans cesse renversée Nos vies Qui courent vaillamment...
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Pauvres de nous
Un soir, autour d'une maigre tablée, tu t'évapores en souriant dans la fumée de quelques souvenirs cubains. Il y a là une Anglaise aux sécheresses de gouvernante, qui semble soucieuse de te ramener aux réalités de ce monde. D'un air à la fois suspicieux...
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Il n'est plus là, le temps
Perdu dans le grand lit d'ombre des rues havanaises, tu jettes un regard aux façades, qui s'éboulent jusqu'aux berges accidentées des trottoirs ou dans l'écume verte des parcs. Les anciennes maisons coloniales partent en lèpres dorées, avec la dignité...
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Un-deux-trois, un-deux
C'est d'abord une odeur, et tu ne t'y attendais pas. Entre l'aéroport et La Havane, un parfum de gas-oil t'embrasse les poumons sans les étouffer, affectueux mais distant, un brin allumeur. Sans doute l'haleine chargée des vieilles amerloques en goguette,...
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Adieux
Tu te rappelles très précisément le moment où tu as décidé de congédier ton enfance. C’était un samedi après-midi, dans cette chambre où planait encore le parfum des jeux solitaires qui avaient rythmé tes primes années. Ce jour-là, avec cette gravité...
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Lettre aux derniers des vivants
La bienséance voudrait que nous vous disions merci. Merci d'oublier le langage des juges d'instruction, des moralistes citoyens et des sociologues en toge. Merci de ne pas confondre justesse et justice. Merci de ne pas actionner les leviers de la bonne...
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Fondu désenchaîné
tu entends le murmure intérieur des mots comme des phalènes dans l’ombre portée du rhum la vie commence quand les nuits te veulent du bien et ça se répète la vie commence quand les nuits te veulent du bien tout est flottant désarrimé disparue cette impression...
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Le fantôme de Milady
Elle t’aborde au petit matin, alors que d’une main molle tu essaies de photographier le Paseo de Martí – mais décidément non, même sur une pellicule tu ne retiens rien. Tu sors d’une nouvelle nuit de fête et de noyade, au large de tout, et tu es trop...
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Noueux
Et soudain ta main T’apparaît Comme pièce de bois Sculptée par les ans Et rien ne saurait soustraire Ta conscience A la certitude De n’être que végétal En puissance Parmi la foule des arbres Noueux dans l’âme Immobile au cœur Solide au fond Mais fragile...
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Fenêtres
Pour Frédéric Le C œur Quelle est la bonne distance pour scruter le monde, pour en mesurer la profondeur, en imaginer les recoins, en embrasser les multiples arrière-plans ? Tu te poses souvent cette question, sans jamais réellement éprouver l'obligation...
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Les yeux verts
Ce n'est plus un secret : l'odeur chatouilleuse de l'argent flotte sur La Havane. Tu as appris à la reconnaître. Elle se glisse parmi les embruns remontés du large, elle déchire les parfums de cuisine lourds comme des tentures. Elle se mêle à l'haleine...
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Hiers
La mémoire N'est plus qu'un seuil Où tu viens T'essuyer la pensée Paillasse chargée Micro-poussières Brindilles Bourbes séchées Insectes vides Faune et flore Des dessous de godasses Tu viens t'y consoler De l'impossibilité Des voyages De ces retours Qui...
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Davy Graham (1940-2008)
Jeudi 7 février 2008. L’homme qui monte sur la scène du Power’s Acoustic Room, un petit club de Londres, ne paie pas de mine. Sa démarche est hésitante, et son visage anguleux affiche les stigmates d’une vie consumée sans modération. Lorsqu’il saisit...
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Caillou
Le coeur n'est plus Qu'une vaste étendue Défleurie Que tu continues d'épingler En boutonnière Cramoisi de pivoine Ouverte en corolle Tu l'affiches Tu le lampionnes En mondain Tu t'allumes Le réverbère Il éblouit Deux ou trois regards de nuit Gicle sur...
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Trains
Dans les trains C’est désormais toi Qui défile Et ce sont les paysages Qui te lisent L’œil plus ou moins vide Plus ou moins attentif Les poteaux télégraphiques Aux filaments de méduse Se plantent à l’avant de ton crâne Crevassant chacune de tes pensées...
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Silence
Tu as perdu le goût d’apporter ta voix au grand concert des élections nationales. Dans ta jeunesse, tu as plusieurs fois répété ce geste, sans passion particulière. Tu ne le vivais pas plus comme un honneur que comme une corvée : c’était un simple acte...
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Montagnes
Jadis, tu te confrontais régulièrement à l’imposante beauté des montagnes ; ce n’est plus le cas aujourd’hui, et ce contact te manque. Tu aimais te heurter à leur immensité rocheuse, bien plus lourde que toi et pourtant révélatrice de ton propre poids...
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Tropiques
Loin des villes, la nuit tropicale n’est qu’une rumeur stridente d’insectes, d’oiseaux et de batraciens, un concert ininterrompu de sifflements, de grésillements et d’alarmes, un soulèvement brutal de créatures invisibles que les premières lueurs du jour...